Adriana Karembeu : "Oui, la prostitution existe dans le monde du foot !"

Publié le 6 Juin 2010

63rd Cannes Film Festival - Adriana Karembeu

 

 

L'ambassadrice du football féminin en France accorde ce dimanche une interview au Parisien.

Elle parle de son mari et de l'intégration des filles dans le monde du foot :


Etre femme de footballeur pendant un Mondial, ce n’est pas trop dur ?
Adriana Karembeu:
Bien au contraire, j’ai adoré le Mondial 1998 ! Voir Christian sur le terrain, ça me donnait presque envie de pleurer.

J’étais très fière. Nous nous connaissions depuis deux ans, et c’est là que je me suis rendu compte à quel point il était reconnu pour ses compétences. A ce moment précis, j’ai compris qu’il faisait partie des meilleurs joueurs mondiaux. C’était très fort pour moi, qui ai l’habitude de vivre sous les projecteurs.

La séparation, impérative entre le joueur et sa femme pendant le Mondial, n’entraîne-t-elle pas un sentiment d’abandon, de jalousie ?
Jamais ! (rires) . J’ai toujours été très indépendante et je n’ai jamais arrêté de travailler. Moi-même, dans mon milieu, je suis très entourée et traitée comme une reine, ça aurait été un comble de me sentir abandonnée ! Quand je vois les gens aimer et admirer Christian, même si ce sont des femmes, c’est comme si quelqu’un caressait mon coeur.

Quand même, être un couple très médiatisé, cela ne complique pas votre relation ?
A la maison, en Slovaquie, où nous vivons actuellement, on ne parle jamais du boulot. Même à l’époque où Christian était joueur professionnel, il ne laissait jamais éclater sa colère quand il avait perdu un match par exemple. On vit une relation très équilibrée et respectueuse l’un de l’autre, en menant chacun notre vie professionnelle de notre côté. Je n’ai jamais été une infirmière ou une maman pour lui. Il n’en a pas besoin, c’est un homme.

L’affaire Zahia a révélé les liens entre le monde du foot et la prostitution. Avez-vous été surprise ?
La prostitution existe dans le monde du foot. Mais j’ai envie de faire le parallèle avec le monde du mannequinat. On sait très bien que ce milieu est miné par la drogue. Pourtant, je n’y ai jamais touché car ça ne correspond pas à mes valeurs. Chacun fait ses choix et vit sa vie. Personnellement, je trouve que ce n’est pas compliqué de dire non, d’éviter le piège. D’autres préfèrent s’amuser, ça les concerne. En tout cas, j’ai suivi toute l’histoire Zahia avec un regard très détaché. A aucun moment, je n’ai fait le lien avec ma propre relation avec Christian.

Vous êtes ambassadrice du foot féminin en France. Mais y avez-vous déjà joué ?
Mon premier contact avec le football, c’était à 12 ans, j’y ai un peu joué à l’école. A la maison, c’est plutôt mon père qui regardait les matchs de foot à la télé. Ma soeur, ma mère et moi, nous nous en désintéressions. Aujourd’hui, j’y joue avec ma soeur Natalia, qui pratique souvent ce sport avec ses copines et qui m’appelle de temps en temps pour que je les rejoigne. Même à 5 contre 5 sur un petit terrain, on se fait plaisir, on se marre ! Dès que la partie commence, on devient très compétitives. Il faut lutter contre cette image de la footballeuse aux grosses cuisses qui ressemble à un garçon. En France, le foot féminin pâtit du tempérament latin des hommes, souvent macho.

 

Source : www.leparisien.fr